Muhammad ben Salman, le mirage du changement

L’essentiel de l’état-major saoudien a été limogé du jour au lendemain par le prince héritier Muhammad ben Salman. Cette manière de procéder témoigne de son rapport autoritaire au pouvoir. Confronté à la baisse des prix du pétrole depuis 2014, le dauphin tente de garder les apparences d’un pouvoir monarchique fort avec des mesures cosmétiques, déconnectées des réalités de la société saoudienne.

Qu’ils fassent partie de la dynastie Al Saoud, soient milliardaires ou militaires, le prince héritier Muhammad ben Salman, dit MBS, n’hésite pas à faire destituer quiconque parasite sa gouvernance de l’Arabie saoudite. Lundi 26 février 2018, le roi Salman ben Abdelaziz, sur les conseils de son fils, congédiait le chef d’État major des armées, les chefs des armées de terre et de l’air ainsi que d’autres hauts gradés et administrateurs civils, sous le seul prétexte du lancement d’un « plan de développement du ministère de la Défense. » Conséquences probables de l’enlisement du conflit yéménite, ces évictions témoignent de la manière absolutiste de gouverner du successeur au trône saoudien. Depuis la présentation de son plan de développement économique et social Vision 2030, le 25 avril 2016, le jeune prince de 32 ans multiplie les signes d’un caractère impulsif et autoritaire dans son approche du pouvoir, flirtant parfois avec l’amateurisme.

Lorsque son père viendra à mourir, MBS deviendra roi d’Arabie saoudite à son tour, mettant fin à la traditionnelle règle de succession entre frères. En attendant, il tient les rênes du pouvoir et ne laisse personne entraver sa marche vers le trône ; pas même son cousin, l’influent ex-prince héritier Muhammad ben Nayef – relégué au titre de vice prince héritier au profit de MBS en juin 2017. « Le père se sent à l’aise, a confiance dans le jugement politique de son fils, assure Olivier Da Lage, rédacteur en chef à RFI et auteur d’ouvrages sur la Péninsule arabique. Avant, le roi ménageait les différentes branches de la famille, faisait des alliances etc. Aujourd’hui, il n’est plus question de cela, nous sommes maintenant dans l’ère de l’ « Arabia Salmania ». Il n’y a plus qu’une seule lignée qui compte. »

Devant l’ascension de l’amitieux MBS, des voix se sont élevées au sein de la famille royale, avant de se taire rapidement. Fort du soutien paternel, MBS s’est mis à agir tel un monarque absolu. La récente entreprise de limogeage à la tête des armées fait écho à la vaste purge débutée le 4 novembre 2017, lors de laquelle le prince héritier a fait enfermer des dizaines de membres de la dynastie Al Saoud, ministres et chefs d’entreprise dans l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad. « On peut comparer ce qui s’est passé au Ritz-Carlton à ce qu’a fait Louis XIV en embastillant Fouquet ou en emprisonnant les nobles jusqu’à ce qu’ils reviennent tous la corde au cou, délestés d’une partie de leur fortune, analyse Olivier Da Lage. Ce qu’a fait MBS, c’était pour rappeler qui est le patron. » Officiellement pour lutter contre la corruption et récupérer les 800 milliards de dollars manquant aux caisses du Royaume, cette purge visait surtout à écarter les gêneurs, manu militari. « Salman et son fils voient [l’État saoudien] comme un arbre avec un tronc unique et des branches qui ne servent pas à grand chose », ajoute le journaliste.

Cette approche verticale du pouvoir, ne laissant aucune place à la conciliation, met fin au système de gouvernance saoudien tel qu’il existait depuis 1953. À cette époque, le roi Saoud ben Abdelaziz (r. 1953-1964), avait mis en place un mécanisme de pouvoir collégial afin d’éviter les dissensions entre les 53 fils d’Abdelaziz ben Abderrahmane (r. 1932-1953), dit Ibn Séoud, fondateur du Royaume. Un conseil familial régnant reposant sur le consensus, mais à l’efficacité politique discutable : chaque prince (soit une centaine) avait une voix et devait se voir octroyer des responsabilités étatiques.

Besoin urgent de diversifier l’économie

S’il use de son pouvoir aussi brutalement, faisant fi des traditions, c’est parce que MBS doit agir vite. Depuis 2014, les prix du pétrole stagnent à des niveaux dangereusement bas. Conséquence, l’Arabie saoudite s’endette et doit moderniser son économie d’urgence, en la diversifiant. En découle l’annonce du projet « Vision 2030 » et de nombreuses mesures sociétales. « Le processus de réforme le plus important actuellement en cours au Moyen-Orient a lieu en Arabie saoudite. (…) Venant ici depuis près de trente ans, j’ai été sidéré d’apprendre que vous pouviez entendre des concerts de musique classique occidentale à Riyad », s’exclamait le journaliste Thomas Friedman dans un éditorial du New York Times en novembre 2017, allant même jusqu’à comparer les récentes mesures progressistes à un « Printemps arabe, façon saoudienne ». Droit pour les femmes de conduire, réouverture des cinémas, concerts à publics mixtes, etc. Autant de signaux envoyés à l’international pour faire montre de modernité et d’ouverture.

Malgré l’optimisme de Friedman, ces mesures relèvent avant tout de l’opération de communication. « Si l’on veut raisonner en termes rationnels occidentaux, c’est une foutaise, analyse Marc Lavergne, chercheur au CNRS spécialiste du Moyen-Orient. Vision 2030 est sorti de quelques bureaux d’étude qui ont fait ça sur un coin de table. Il n’y a aucune véritable étude préalable d’impact sur le développement économique et social du pays. Il n’y a pas non plus d’étude de terrain, ni d’étude macro ou microéconomique pour savoir quels pourraient être les acteurs pouvant faire partie de ce projet. MBS parle dans le vide. C’est comme un rêve de gosse. » Autre objectif de « Vision 2030 » : anticiper le mécontentement engendré par autre projet à venir, le National Transformation Program 2020, élaboré quant à lui sur le thème de la rigueur.

Mais rien de nouveau sous le soleil. Déjà en son temps, le roi Fayçal ben Abdelaziz (r. 1964-1975) préconisait la mise en place de réformes afin de diversifier l’économie en période de chute des prix du brut. Des mesures peu ou prou semblables à celles de Vision 2030, comme la baisse des dépenses publiques. Problème, les Saoudiens ne sont pas habitués à se serrer la ceinture. « Quand on supprime des subventions, les gens râlent, donc on les rétablit », confirme Olivier Da Lage. Comme toujours en Arabie saoudite, une fois le cours du l’or noir revenu à la normale, les réformes économiques sont mises au placard.

Ces appels du pied à l’étranger se heurtent à une autre question, chère à de nombreux pays occidentaux et potentiels investisseurs : celle des droits humains : « On constate qu’il y a une forte concentration du pouvoir entre les mains de MBS qui semble assez peu compatible avec des valeurs démocratiques et l’idée d’une modernité politique », déplore Aurélie Perrier, spécialiste de l’Arabie saoudite auprès d’Amnesty international. L’année passée, 388 personnes ont été arrêtées et parmi elles, des défenseurs des droits humains. Le droit saoudien, non codifié et régi par la shar’ia, est l’un des nombreux freins à l’arrivée de capitaux étrangers dans le Royaume. Comment un patron peut-il être sûr de ne pas se retrouver en prison du jour au lendemain pour, par exemple, la simple consommation d’alcool ? MBS y répond en promettant des enclaves juridiques où les Textes sacrés ne feraient pas autorité, au risque d’avantager les étrangers au détriment des Saoudiens.

Commandé au cabinet de conseil américain McKinsey & Company, Vision 2030 sonne creux au regard des problématiques saoudiennes. Le projet de MBS n’explique pas, par exemple, comment passer d’une économie rentière à une économie productiviste – la majorité des saoudiens bénéficiant de confortables emplois d’état. Il ne répond pas non plus à la question des clivages ancestraux entre tribus, longtemps étouffés par l’abondance des pétrodollars, qui risquent de ressurgir si le prix du baril reste bas. Même si le dauphin semble avoir conscience de la nécessité d’un changement profond, ses propositions demeurent hors-sol. « Il faut prendre Vision 2030 comme la marque d’un désir et d’une incompétence », explique Marc Lavergne, du CNRS.

« L’Arabie saoudite est droguée aux hydrocarbures »

Parmi les ambitions fantaisistes de Vision 2030, se trouve l’objectif de sortir du tout pétrole d’ici 2020. À long terme, s’éloigner de l’économie de rente est vital pour le Royaume dans un contexte mondial où de plus en plus de pays investissent dans les énergies renouvelable. Mais dans une Arabie saoudite sous perfusion pétrolière depuis les premiers forages réussis en 1935, il s’agit d’un vœu pieux. L’or noir est devenu la clef de voûte du Royaume depuis le pacte du Quincy, signé en 1945 entre le président américain Franklin D. Roosevelt, et Ibn Séoud, au retour de la conférence de Yalta. Ce traité officialisait une solide alliance américano-saoudienne basée sur un accès privilégié au pétrole saoudien en échange de la protection militaire américaine. Est alors utilisé comme outil de domination du marché mondial du pétrole l’Arabian American Oil Company (ARAMCO), permettant à l’Arabie saoudite de s’assurer la mainmise sur une source de revenus — presque — inépuisable. « Ce qui compte, c’est le soutien de l’Occident, et surtout des Américains, dans un système de donnant-donnant, explique Marc Lavergne. L’Arabie régule les prix du pétrole à travers l’OPEP de manière à ne pas gêner les Occidentaux en échange de la sécurité américaine. »

« L’Arabie saoudite est droguée aux hydrocarbures, explique le chercheur. Elle n’a pas d’autre source de revenus, à part le pèlerinage à la Mecque. On voit mal comment il serait possible de créer une culture de la productivité dans une société historiquement bédouine où le travail est considéré comme une forme d’esclavage. » Après le deuxième choc pétrolier de 1979, le Royaume entrait alors dans ce qui était appelé « l’Ère de l’abondance ». Les revenus découlant d’un prix du baril élevé permettaient alors à la monarchie saoudienne d’assurer un niveau de vie élevé à ses sujets via de lourds investissements publics. Et si MBS propose de sortir le pays de la rente, c’est qu’il semble avoir retenu les leçons du contre-choc pétrolier des années 1980. Durant cette période, les prix étaient tellement hauts que plus aucun pays ne pouvait acheter de pétrole. Peu de temps après, le cours du baril s’effondrait pour atteindre 10 dollars, en 1986. « L’Ère de l’abondance » n’était plus et s’en suivit une inquiétante contestation sociale en Arabie saoudite, portée par les islamistes, faisant chanceler la monarchie.

Si rien n’est fait aujourd’hui, une telle situation pourrait poindre à nouveau. « J’étais avec des amis saoudiens à Oman il y a peu de temps. Je sens monter des revendications à l’égard de la famille régnante qui n’a aucune autre légitimité que la bénédiction de Roosevelt en 1945, raconte Marc Lavergne. Les Al Saoud vont être confrontés à des difficultés internes majeures. » Même si les oulémas (clercs musulmans), les plus à même de mener une révolte au Royaume, sont tenus en respect par les Princes, l’Arabie saoudite demeure le pays où le taux de pénétration des réseaux sociaux est le plus fort du Moyen-Orient. Et comme l’ont démontré les Printemps arabes de 2011, la propagation d’idées révolutionnaires peut aller très vite. « MBS n’est pas du tout le sidérateur des consciences et des esprits, affirme Marc Lavergne. C’est quelqu’un qui veut tout changer pour que rien ne change. L’objectif c’est surtout de garder le pouvoir dans la partie de la famille Al Saoud la plus étroite [la branche ben Salmane, NDLR] ». Tant que l’opulence règne, le contrat social est respecté et la monarchie peut se maintenir. C’est ainsi que l’Arabie saoudite a pu échapper aux Printemps arabes. En pleine période de stabilisation du prix du baril autour de 100 dollars, le Royaume était en situation d’excédent budgétaire au moment des évènements.

Des erreurs de débutant

En l’état, maintenir la paix sociale dans ce pays de 32 millions d’habitant sera compliqué pour le pouvoir saoudien. Les caisses sont vides. En plus de la baisse des revenus pétroliers et de dépenses somptuaires, comme l’achat du Château Louis XIV à Louveciennes (Yvelines) pour 275 millions d’euros, MBS a englouti environ 80 milliards de dollars dans la guerre menée au Yémen contre les insurgés houthistes soutenus par l’ennemi de toujours : l’Iran. Et rien ne présage un quelconque bénéfice, diplomatique ou économique : « L’offensive lancée le 25 mars 2015 était perdue d’avance, abonde Olivier Da Lage. Trois ans après, les buts de guerre affichés n’ont pas été atteints. Plus de 10 000 personnes ont été tuées et le nombre de blessés et de déplacés est énorme. Et puis il y a le choléra, la famine… Politiquement, on n’a pas avancé d’un pouce. Même Donald Trump est en train de prendre ses distances sur le Yémen. » En plus d’avoir lancé l’opération Tempête décisive alors que le prix du baril chutait sous les 30 dollars, le conflit yéménite risque de coûter cher à MBS sur le plan diplomatique. Pour le chercheur du CNRS, le prince héritier a manqué une occasion de redorer son image : « Avec cet argent il y avait de quoi faire un Yémen heureux, pacifié et reconnaissant. La guerre coûte cher et est mal vue, y compris par les alliés forcés de la Péninsule et d’Afrique. »

Autre bourbier diplomatique : le blocus mal calculé du Qatar, accusé par le Royaume de soutenir le terrorisme et jugé trop proche de l’Iran. Depuis le 5 juin 2017, sur ordre de MBS et avec l’appui des Émirats Arabes-Unis (EAU), l’Arabie saoudite a fermé les frontières terrestres et bloqué les voies aériennes vers la petite péninsule. Le problème est que le jeune souverain a omis de prendre en compte quelques points stratégiques clefs, à commencer par les intérêts économiques et militaires de l’allié américain au Qatar. Hormis leurs intérêts pétroliers, les États-Unis y possèdent une base militaire, Al Udeïd, la plus importante du Moyen Orient. Aussi, la CIA entretient de bon rapports avec le petit émirat dans la lutte contre les réseaux jihadistes. Une erreur stratégique alors que les relations entre MBS et Donald Trump avaient débuté sous les meilleurs auspices. Le président américain avait en effet réservé son premier voyage officiel à Riyad en mai 2017, et sa rencontre avec le roi Salmane s’était soldée par des promesses de contrats pour un montant total de 380 milliards de dollars. Et du fait des projections stratégiques douteuses de MBS, « Trump est en train de changer de position par rapport au Qatar », affirme Olivier Da Lage.

Le Qatar sortira très probablement gagnant de cette confrontation avec son voisin saoudien. Plutôt que de répondre frontalement, le petit émirat se pose en victime de la violence diplomatique saoudienne et émiratie. Il se sort de la pénurie alimentaire grâce à l’importation de milliers de vaches laitières et en produisant localement. Un pays qui a compris la notion de rapport de force et tire les bénéfices des relations internationales qu’il tisse depuis plus d’un siècle. « Chaque semaine qui passe est bonne pour le Qatar même si cela lui coûte très cher, assure Olivier Da Lage. Les Saoudiens, avec le blocus du Qatar, ont soulevé la colère de Koweït et d’Oman qui sont vent debout contre l’Arabie saoudite. Il n’y a pas besoin de faire Sciences Po pour comprendre que ce blocus était une mauvaise idée. MBS fait des erreurs de débutant. Quand on ne gagne pas, on perd et c’est ce qui est en train de lui arriver. »

« Il faut couper la tête du serpent » disait le roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud (r. 2005-2015) à propos de l’Iran. Derrière le blocus du Qatar, c’est le géant perse qui est visé. Les relations déjà tendues entre le Royaume et la République islamique d’Iran se sont profondément dégradées depuis le 2 janvier 2016 et l’exécution du prédicateur chiite Nimr Al-Nimr. Les actes de vandalisme à l’encontre de l’Ambassade et du Consulat saoudien à Téhéran et Mechhed ont entrainé la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. De ce point de vue, MBS reste dans la lignée de ses prédécesseurs, usant de la haine historique contre le chiisme, prétexte religieux pour assouvir des ambitions géopolitiques et nationalistes, afin de lutter contre toute forme d’influence iranienne. La déclaration du premier ministre libanais Saad Hariri, qui a brièvement démissionné depuis Riyad en novembre 2017, intimant à l’Iran de cesser toute ingérence dans les affaires libanaise à travers le Hezbollah, témoigne d’une certaine maladresse de la part de MBS. La séquence transpire la manipulation de la part des autorités saoudiennes, le discours ayant été prononcé depuis l’hôtel Ritz-Carlton de la capitale.

La guerre menée au Yémen contre les rebelles houthistes, affiliés au shi’isme est un autre moyen stérile d’endiguement de l’hégémonie iranienne. Pour les Saoudiens, le Yémen est un champ de bataille majeur car leurs provinces de l’Asir et du Hedjaz sont directement menacées. Côté Iranien, il s’agit d’un front secondaire servant à maintenir Riyad sous pression. Il y à entre les deux puissances une asymétrie des enjeux qui joue clairement en faveur de Téhéran. Une défaite militaire, inéluctable, serait dramatique pour MBS. « L’angoisse de l’Arabie saoudite vis-à-vis de l’Iran repose sur la conscience de la supériorité perse d’un système, certes décrié, mais qui fait corps avec sa société et qui est tourné vers l’avenir, ce qui n’est pas du tout le cas de l’Arabie saoudite. L’Arabie, ses beaux jours sont derrière elle », analyse Marc Lavergne. MBS continue de cristalliser une hostilité face à un pays en passe de se normaliser sur la scène internationale, depuis l’accord sur le nucléaire de 2015 — même si le chemin est encore long. Et les investisseurs internationaux se montrent de plus en plus intéressés par l’Iran, au détriment de l’Arabie saoudite. « Pour ses voisins régionaux et pour beaucoup de pays dans le monde arabo-musulman, l’Arabie a perdu son aura, assure le chercheur. Si elle a eu un prestige un jour, elle n’en a plus aujourd’hui. C’est un géant incontrôlable, impuissant, sur le déclin, qui essaye de s’en sortir mais avec des ressources faibles. » Mis à part le coup de communication de « Vision 2030 », MBS ne propose pas d’autre perspective d’avenir. Si le pétrole aura ouvert une première parenthèse d’un siècle dans l’histoire de l’Arabie saoudite, le prince héritier semble sur le point de fermer la seconde.

Antoine Dézert

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