Le handicap, le handicap, et le handicap sexuel

Sexe. Voilà un mot qui déclenche bien des fantasmes, bien des images. Sans doute pas, dans nos jeunes têtes, celle dont il est ici question. Sexe et handicap. Voilà qu’il est lâché, le tabou. La question semble délicate et le sentiment de légitimité à y réfléchir faible si l’on n’est pas, de près ou de loin, concerné par la question. Et pourtant. Aujourd’hui en France cette problématique doit agiter toutes les consciences, car rares sont les pays européens où elle est si absente des débats et des politiques publiques. Rares et précieuses sont aussi les voix qui s’élèvent pour faire entendre le droit à la sexualité pour les personnes en situation de handicap, et c’est à nous tous qu’il revient de les écouter et de les porter au sein du débat public.

Pour beaucoup de valides, l’idée que les personnes handicapées puissent avoir une vie sexuelle ou ne serait-ce qu’un désir aussi brûlant que quiconque est parfois peu intégrée. Difficile de dresser un tableau clair et concis du problème en quelques lignes, étant donné la diversité des situations, des handicaps, des sensibilités et des personnalités. Toutefois, si l’on écoute les personnes directement concernées, comme Mme Laetitia Rebord de l’APPAS (association pour la promotion de l’accompagnement sexuel), il faudrait sans doute commencer par le mot « vide ». Un vide affectif, dont le sens n’est pas seulement réduit au sentiment amoureux, mais englobe l’idée d’un partage d’instants, de sensations corporels. Un vide creusé à la fois par des limites physiques, et par une pensée intime qui n’arrive pas à franchir certains blocages, à se voir comme désirable, à s’exposer à celui qui est juge de tout, le regard de l’autre. Le mot frustration, également, prend tout son sens ici ; je veux, je désire, mais je ne peux pas. Et jamais peut-être ne le pourrai-je.

Si tout se pense en nuances, la question lancinante est quasiment la même dans les esprits : comment connaître le plaisir d’être touché, de toucher, de caresser, de regarder, d’embrasser et de s’unir à un autre corps quand a priori le mien m’en empêche, quand je ne le connais pas ou peu, quand seules les mains professionnelles des soignants l’ont effleuré et quand il m’est dur de me sentir désirable ? Comment, handicapé, puis-je vivre ma sexualité aussi librement que possible, aussi intensément que je le désire ? Quel est le problème ? Le problème, c’est que rien en France n’existe officiellement et légalement pour permettre cela.

Effectivement, si certains couples handicapés sont autonomes sur le plan affectif, d’autres doivent être accompagnés en raison de leurs handicaps, alors que les célibataires n’ont souvent même pas la possibilité de se masturber et craignent de ne jamais connaître de plaisir sexuel. En institution, les relations sexuelles entre résidents sont interdites, à moins d’être un couple solide, et peuvent être tolérées par le personnel dans certains cas précis, bien qu’elles soient finalement toujours tributaires de la vision de la direction et du comportement de l’entourage. Peu de liberté. Mais toujours du désir, un désir affectif. Alors certains se tournent vers des professionnels du sexe, rarement formés, ou, s’ils en ont la possibilité, vers les accompagnateurs sexuels spécialisés de Suisse ou encore d’Allemagne, pays où le problème a été compris et cerné et où des statuts légaux et des formations encadrent cette activité. Or, bien souvent, une personne handicapée passe par un proche, un soignant, qui dès lors tombe sous le coup de la loi française… sur le proxénétisme, puni par la justice.

Si la vente des services sexuels est bien nommée prostitution par nos codes (et n’est pas illégale), aucune spécificité n’est reconnue aux services procurés à des personnes handicapées n’ayant souvent pas d’autre choix pour vivre une expérience sexuelle et affective. Rien n’est prévu, et les promesses faites jadis pour remédier à ce vide n’ont pas été tenues par les actuels gouvernants. C’est pourquoi Marcel Nuss, lui-même atteint de handicap, a fondé l’APPAS en 2013, qui se bat pour une modification de la législation, présentant un « projet de loi en faveur de l’accompagnement à la vie affective et à la santé sexuelle des usagers du système de santé », et pour une prise de conscience publique du droit, pour tous, à une vie sexuelle libre. L’association forme également, lors de sessions comme en juin 2015, des volontaires, hommes et femmes, professionnels du milieu médico-social, travailleurs du sexe ou de tout autre profil sélectionnés avec soin, à l’accompagnement affectif des personnes handicapées moteur. Les bénévoles, qui mettent aussi en contact les demandeurs et les accompagnateurs, ont conscience de mener une activité illégale, que la justice nomme donc proxénétisme, mais juste ; les bienfaits de l’accompagnement affectif ne sont, et nos voisins européens le savent très bien, plus à prouver sur le bien-être global des personnes handicapées. Laetitia Rebord, que j’ai donc eu le plaisir d’entendre sur la question, fait part en toute franchise de son expérience avec un accompagnateur sexuel. La peur de s’attacher, les blocages et le manque de confiance en elle l’ont longtemps fait réfléchir, mais le désir de toucher, de connaître d’autres mains que celles des professionnels, ou ne serait-ce qu’un autre regard sur son corps l’a décidée. Et cette jeune femme, rayonnante, sait aujourd’hui qu’elle peut être désirée, que cette expérience est un moyen, et non une fin, de s’affirmer, de retrouver confiance, avec soi comme avec les autres, de « recréer du lien social » de se « réincarner ». Comme l’APPAS le conseille, une première rencontre a été fixée pour s’entendre sur ses attentes à elles et les limites de l’accompagnateur sexuel, pour voir si le feeling passe. Deux autres rencontres ensuite. Et pour elle, elles doivent être payées, à la fois pour établir une première barrière contre l’attachement, et pour reconnaitre le don fait par l’accompagnateur.

Ce que certains voudraient considérer comme secondaire, comme n’étant ni un droit, ni une liberté, ni une chose dont on parle (le sexe), est pour ceux qui n’y ont pas accès librement et facilement, tout à fait capital dans la construction d’eux-mêmes, dans la construction d’une vie, comme il l’est pour tout valide. Il faut donner la possibilité, car il s’agit bien d’une possibilité et en rien d’une obligation, à toute personne handicapée de connaître le plaisir du corps et des regards. Il faut combler le vide législatif, il faut donner une place au débat. Il faut agir face à la frustration que tout le milieu médico-social connaît bien et doit gérer parfois à la limite de la légalité. Il faut soutenir, car c’est bien une question sociétale qui nous est posée, le combat de l’APPAS, et saisir l’occasion de l’intégrer aux enjeux de la prochaine élection présidentielle, pour que l’État prenne enfin ses responsabilités face aux vides.

Juliette Jourde

3 thoughts on “Le handicap, le handicap, et le handicap sexuel

  1. Contre l’Assistance sexuelle pour les personnes handicapées
    Nous ne sommes pas des « indésirables »
    L’organisation de la première formation d’assistants sexuels et la sortie du film Indésirables ont relancé le débat sur l’assistance sexuelle, un système auquel n’adhèrent pas toutes les personnes handicapées. Au contraire, certaines, comme nous, sont fondamentalement opposées à sa mise en place.
    I. Vie affective et sexuelle des personnes handicapées : des difficultés réelles et multiples
    Des limites physiques et/ou psychiques peuvent rendre difficile l’accès de certaines personnes handicapées à une vie affective et sexuelle. Toutefois, ces limites n’expliquent pas, à elles seules, les obstacles rencontrés.
    Les multiples barrières sociales mettent les personnes handicapées à l’écart de la cité. De plus, beaucoup vivent encore dans des institutions qui restreignent leurs libertés et possibilités de rencontres.
    A cette exclusion spatiale et sociale s’ajoutent de nombreuses représentations stigmatisantes.
    Généralement associées à tout ce que notre société abhorre et attache au malheur, envisagées comme asexuées, impuissantes et incapables de donner du plaisir, la société nous renvoie une image dégradée et refuse de nous envisager comme des partenaires sexuels potentiels et banals.
    Peu ou mal représentés dans les médias, les couples de personnes handicapées ou mixtes sont quasiment absents ou présentés comme des phénomènes rares ou incompréhensibles.
    Enfin, outre les préjugés propres au handicap, nous subissons les stéréotypes d’ordre général sur la sexualité, la féminité, la virilité. Véhiculés par les médias, la pub, la pornographie, ils répandent l’idée que le sexe est essentiel à l’épanouissement (celui-ci étant lié au physique ou à la santé) et qu’il est une performance liée à la durée, la fréquence, le nombre d’orgasmes… Autant de présupposés normalisants qui configurent un cadre étriqué dans lequel la sexualité des personnes handicapées ne peut trouver de place.
    Ainsi, considérées comme repoussantes, la seule réponse serait l’assistant sexuel, le seul qui pourrait consentir à avoir des relations intimes avec nous…
    II. L’assistance sexuelle : mauvaise réponse fondée sur des idées erronées
    L’assistance sexuelle demeure une proposition floue et de nombreuses questions se posent sans trouver de réponse :
    1.Tout d’abord, qui seraient les bénéficiaires d’un tel système? Uniquement ceux qui ne peuvent pas se masturber seuls? Sous quels critères ?
    Si l’assistance sexuelle était ouverte à toute personne handicapée demandeuse, pour quoi elle ne le serait pas à d’autres personnes en souffrance sur le plan sexuel pour d’autres raisons que le handicap ?
    Jusqu’où iraient les assistants sexuels ? Serait-ce une prestation sexuelle, une relation affective ou juste une forme d’érotisme tarifé ?
    Les assistants sexuels prendraient-ils en compte toutes les orientations et pratiques sexuelles des personnes handicapées bénéficiaires ?
    2. Tout aussi problématique est le fait que l’assistance sexuelle semble supposer que les personnes handicapées sont un groupe homogène avec une sexualité spécifique auquel elle serait la plus apte à répondre.
    Or, il est douteux de parler « d’une sexualité des personnes handicapées » puisque nous sommes tous différents et nos attentes sexuelles le sont aussi.
    3. L’assistance sexuelle est associée aux soins dont elle serait une sorte de prolongement.
    Cela sous-entend que le sexe avec une personne handicapée serait presque clinique. L’approche du handicap est donc médicale, passéiste.
    Elle prétend également que les accompagnants doivent être formés spécialement pour avoir des rapports sexuels avec une personne handicapée, ce qui est absurde. La plupart des personnes handicapées peuvent expliquer ces gestes à leurs partenaires. De plus, les gestes nécessaires au positionnement ou au déshabillage pour avoir des relations sexuelles n’ont rien de différent de ceux pratiqués par les auxiliaires de vie de personnes handicapées
    4. Les liens entre assistance et sexuelle et prostitution soulèvent de nombreuses interrogations.
    De deux chose l’une :
    – Soit l’assistance sexuelle serait payante et dans ce cas, elle ne serait qu’une « spécialité » au sein de la prostitution.
    Il s’agirait d’une prostitution adaptée et même valorisante car s’adressant à un public « indésirable », « intouchable », rejeté sans cette solution.
    Tout comme la prostitution, le système s’adresserait aux hommes. Les hommes handicapés favorables à l’assistance sexuelle font d’ailleurs le même raisonnement que les clients de prostitués : leurs besoins sont irrépressibles et vitaux. Il doit y avoir un système pour les satisfaire. Comme pour la prostitution, une demande féminine existerait probablement mais elle serait résiduelle.
    L’assistance sexuelle serait dès lors un système misogyne et archaïque de marchandisation du corps supplémentaire, mais considéré comme acceptable, il demanderait à être reconnu légalement, à titre exceptionnel.
    – Soit l’assistance sexuelle serait gratuite, ou rémunérée à titre symbolique, c’est-à dire, quasiment gratuite.
    Il s’agirait donc d’un acte de bienfaisance. Les volontaires seraient persuadés de faire une bonne action qui les grandirait.
    Se poserait alors la question de la motivation des volontaires : comment éviter que des personnes qui s’engageraient dans une formation d’assistant sexuel ne le fassent dans le seul but d’utiliser des personnes handicapées comme objets de leurs fantasmes sexuels ?
    Compte-tenu de tous ces éléments, nous considérons que nous sommes légitimes à nous inquiéter de la mise en place d’un tel système. S’il venait à s’imposer, il aurait un impact qui irait bien au delà de ses « usagers ».
    Il est, en effet, à craindre que l’assistance sexuelle conforte l’idée qu’un rapport entre personnes valides et handicapées n’est pas « normal » et que les personnes handicapées soeint naturellement renvoyées vers l’assistance sexuelle, devenue la voie d’accès « adaptée. »
    Il s’agira, une fois de plus, d’une réponse stigmatisante à ses difficultés qui les enfermera dans une sexualité de seconde zone et les renverra encore à la marge et à l’étrangeté.
    Conclusion
    L’assistance ne propose qu’une solution simpliste et conformiste qui permet de ne pas remettre en question le système de valeurs et les représentations en vigueur dans notre société et qui entrave l’accès à une véritable sexualité.
    L’assistance sexuelle ne va ni dans le sens de l’émancipation et de l’autonomie des personnes handicapées ni de leur libération sur un plan sexuel.
    Elle prétend proposer une vision avant-gardiste mais force est de constater qu’elle s’inscrit à la fois dans la logique économique libérale qui présente le sexe comme un service commercial ,dont elle nous propose d’être consommateurs, et dans une vision judéo-chrétienne qui place encore une fois la personne handicapée en objet de charité. Elle place aussi l’accompagnant dans une situation à mi-chemin entre le prostitué et le bienfaiteur.
    La sexualité devrait pourtant être libre et non marchande, impliquer de la réciprocité dans le désir et un échange égalitaire , ce qui ne peut exister ni dans le rapport marchand ni dans le rapport caritatif.
    Le sexe est un désir, une liberté, ce n’est pas un droit. S’il venait un jour à être reconnu, il vaudrait pour tout le monde et pas seulement pour les personnes handicapées.
    A ceux qui soutiendraient que, faute de mieux, l’assistance sexuelle pourrait être une solution provisoire, nous répondons que le risque est trop grand qu’elle ne devienne la seule et unique réponse aux éventuelles difficultés des personnes handicapées.
    Pour améliorer les choses efficacement et durablement, mieux vaudrait :
    Abolir la ségrégation sociale et spatiale que subissent les personnes handicapées, en s’engageant notamment dans la désinstitutionnalisation.
    Favoriser l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge, notamment pour les personnes handicapées elles-mêmes, afin qu’elles puissent se concevoir comme des partenaires à part entière.
    Déconstruire et réinventer les représentations du sexe, du handicap, des femmes et des hommes.
    Développer les solutions techniques existantes qui pourraient aider les personnes handicapées dans leur sexualité.
    Pour finir, nous affirmons avec force qu’il n’y a rien d’humaniste à entretenir une relation affective ou sexuelle avec l’un d’entre nous. Nous sommes désirables, nous sommes des partenaires potentiels à part entière, au même titre que les autres.

  2. REPONSE AUX OBJECTIONS : SUR LA DIFFERENCE ENTRE L’ACCOMPAGNEMENT SEXUEL ET LA PROSTITUTION POUR PERSONNES “HANDICAPEES”
    Pierre Ancet – Philosophe – Membre du Conseil d’administration de l’APPAS
    ******
    Commençons par rappeler que l’accompagnement sexuel ne peut être réduit à un acte prostitutionnel : que fait-on de l’accompagnement des couples en situation de handicap physique qui ne peuvent avoir de rapport sexuel sans une aide adaptée ? Que fait-on de l’accompagnement des personnes déficientes intellectuelles et psychiques, un accompagnement essentiellement éducatif ? Que fait-on des personnes qui n’ont pas le tempérament de certaines personnes très autonomes psychiquement, ayant conquis de l’assurance, de la confiance en leurs capacités de séduction.
    L’inquiétude de plusieurs opposants semble porter sur ce que représenterait symboliquement, pour une société, un service d’accompagnement sexuel de type prostitutionnel qui ne serait destiné qu’aux personnes “handicapées”.
    Acceptons d’envisager ce service sous l’angle d’un acte prostitutionnel, ce qu’il est actuellement aux yeux de la loi, il faut rappeler que la prostitution et les services sexuels ne sont interdits à personne en France (seul le proxénétisme l’est). Parlons donc d’un service sexuel adapté qui tient compte des difficultés rencontrées par certaines personnes “handicapées” (et non par toutes, fort heureusement !), notamment celles qui n’ont pas accès à la masturbation, ou plus généralement qui n’ont pas accès à leur corps comme réservoir pulsionnel. Cela n’empêche pas les rencontres, amoureuses ou seulement sexuelles, mais doit à terme au contraire permettre de les favoriser.
    En effet, l’objectif de l’accompagnement sexuel pour de telles personnes est de pouvoir s’en passer. C’est une des différences importantes avec une démarche de prostitution qui souvent vise à fidéliser un client. Il s’agit ici d’aider une personne à prendre confiance, à se renarcissiser, sans qu’il y ait confusion entre ce qui relève de la sexualité et ce qui relève des sentiments.
    Il ne s’agit donc pas de proposer une prestation destinée aux personnes “handicapées” qui doive se substituer aux relations affectives et sexuelles dans la durée. Nous le comprenons comme un moyen d’amorcer un changement de regard sur soi et un changement de regard des autres sur soi, y compris dans le domaine de la séduction.
    Ainsi la médiatisation actuelle de la cause de l’APPAS est-elle propre à amener chacun à s’interroger sur la place de la sexualité dans sa propre vie, sur sa conception des normes rapportées au corps et à la séduction, afin de permettre à terme un changement de regard social.
    Il s’agit pour l’APPAS de répondre à une situation actuelle de souffrance ressentie par de nombreuses personnes. Alors même que les retours de ceux qui y ont eu recours sont actuellement unanimement positifs, pourquoi s’opposer à cette pratique, si tant est qu’elle respecte ceux auxquels elle s’adresse et n’amène pas à la confusion entre sensualité et sentiments ? C’est en ce sens qu’une formation est importante, de même qu’est important le respect de la charte de l’APPAS.
    La prise en compte de la parole des personnes “handicapées” exprimant une souffrance dans le champ affectif et sexuel permet leur reconnaissance, et il est possible de penser humainement l’autonomie et l’inclusion, y compris sous l’angle de la sexualité, sans pour cela occulter le lien entre sexualité et sentiments, ou entre sexualité et sensation corporelle en général. En effet, la sexualité dont nous parlons désigne l’ensemble du plaisir que l’on rencontre par le corps, y compris dans la séduction, le regard, la care, le simple contact peau à peau… Elle ne se limite pas et ne doit pas se limiter à la sexualité génitale avec laquelle on confond généralement la sexualité.
    L’accompagnement sexuel, si approprié qu’il soit, ne remplacera certainement pas d’autres dimensions de l’existence, nous souscrivons donc tout à fait à la conclusion que la sexualité ne peut être entendue comme un besoin spécifique hors de l’idée d’un accès à l’éducation, à la prévention, à l’intimité et à la liberté. Les actions de sensibilisation et de formation auprès des professionnels du secteur médico-social seraient précisément un moyen d’envisager cet “accès à l’éducation, à la prévention, à l’intimité et à la liberté” en milieu institutionnel. Elles doivent permettre à certaines personnes de découvrir leur corps comme désirant et désirable ; à d’autres de vivre leur lien amoureux et leur sexualité dans l’intimité la meilleure possible. L’importance de la sexualité ne doit pas être surévaluée sur le plan médical (on ne peut par exemple imposer à personne une prestation sexuelle, sous prétexte d’aide à la santé sexuelle), mais la sexualité des personnes “handicapées” ne doit pas être niée, elle possède le même rôle central que chez toute personne. Enfin, la sexualité reste de l’ordre du désir et ne saurait être réduite à un simple besoin, elle s’intègre dans l’ensemble d’une existence.

  3. L’enfer est pavé de bonnes intentions ! Tout ça est bien compliqué. Il l’est déjà pour les valides, alors l’handicap ne facilite en rien les choses. Je pense qu’il ne faut pas fermer les portes. Laisser ouverte les possibilités qui conviendront à chacun. Avant de rencontrer l’âme sœur, peut être qu’un peu de tendresse est le bienvenue en attendant ! J’accepte, tu acceptes, il accepte, nous acceptions… Après tout c’est ce que chacun cherche, être reconnu tel qu’il est !

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